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- The Big Lebowski
- Jacques Brel - Ces gens là
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Cela fait trois jours que la cérémonie à débutée. La fièvre est arrivée le premier jour et ne m’a pas quittée depuis. Mon corps me semble de plus en plus lourd à mesure que le temps passe ; combien de temps me reste t’il avant que je n’en sois plus maître ?
Lorsque je me suis levé ce matin, j’ai constaté que les marbrures sur ma peau commençaient à apparaître. Ewen m’avais dit que ça ne devait pas arriver avant une semaine ; c’est sans doute que le cas était plus sérieux que prévu. Aurons-nous assez de temps ? J’ai décidé qu’il était temps d’enlevé tous les miroirs de la maison ; il paraît que certains n’ont pas été jusqu’au bout du rituel tant leur corps et leur esprit était à l’épreuve. En ce qui me concerne, mon esprit n’est pas encore tourmenté, malgré la fièvre. Mais cela viendra, avec l’épuisement. Malgré cela, mon reflet m’a tout de même troublé ; la couleur bleuâtre qu’à revêtu mon visage et la rougeur de mes yeux ainsi que le bord de mes paupières ont ajoutés un plus d’effroi à l’expression naturelle de mon visage.
Je me suis levé trop tard pour voir le soleil ce matin. Désormais le ciel est gris et bas et le vent secoue les arbres dehors, arrachant toujours plus de feuilles. C’est encore la seule chose qui aurait pu me faire paraître la journée moins longue et insipide ; il paraît que bientôt je ne percevrai plus les couleurs, non plus. Mais dans le doute, sait on jamais, si les nuages consentaient à s’effacer, je reste dans la véranda. C’est la que je resterai jusqu’à la fin d’ailleurs ; j’y ai déjà installé une bonne partie de mon bureau et quelques livres de la bibliothèque que je n’ai pas lu depuis assez longtemps pour en avoir oublié l’histoire. Qui sait quels souvenirs j’ai pu y laisser entre les pages, quelle odeur du passé y est restée tout ce temps. Peut être son odeur ? Non… non, il ne faut pas y penser, pas après l’avoir maintenu scellé aussi longtemps malgré ces moments où la solitude ôte tout espoir de revivre un jour. Il ne faut pas salir ce souvenir là dans la noirceur de ce qui se joue maintenant.
Je pensais que mon bureau serait le dernier endroit que j’occuperais, mais je me suis rendu compte que c’est impossible. A présent il me semble que les lignes de craies qui en parcourent les murs, le sol et le plafond en inscriptions et en symboles exhalent une force qui rend fou chaque fois que je m’en approche. Je me souviens de la lourdeur de l’atmosphère dans la pièce la dernière fois que j’y suis entré, des voix indistinctes qui semblaient venir des murs. On dirait que ce sont ces entrelacements qui parlent. Leurs paroles font vibrer l’air de la pièce d’une telle sorte qu’il semble plus dense. Désormais je ne peux plus en franchir la porte.
Il pleut à présent, et le vent souffle toujours. Combien de temps encore…
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